Portrait #1 : Madam C.J. Walker

Si tu es inscrite sur Netflix, tu n’as pas pu passer à coté de la série « Self Made » qui est une version romancée de la vie de Madam C.J. Walker.

Bien que la série soit une fiction inspirée de sa vie de femme d’affaire, Madam C.J. Walker reste un personnage très inspirant pour moi.

J’ai donc décidé de mener des recherches pour te partager les réels faits qui ont menée Madam C.J. Walker à devenir cette femme d’affaire incroyable !

Une Self Made Woman

Sarah C.J. Walker est née sous le nom de Sarah Breedlove en décembre 1867. Dernière née d’une fratrie de 5 enfants, elle est la première de sa famille à être née libre (après la fin de la ségrégation raciale aux Etats-Unis).

Orphenline de mère et de père à l’âge de 7 ans, elle sera recueillie par sa sœur Louvinia et son beau frère qui la maltraitera durant son enfance.

A 10 ans, elle commencera à travailler dans une plantation de coton du Mississipi à la récolte puis elle sera promue employée de maison.

Pour échapper aux maltraitances de son beau-frère, elle se mariera à 14 ans et ira s’installer à Saint Louis. De cette première union, elle mit au monde A’Lelia, sa fille en 1885. Deux années plus tard, son mari mourras de cause inconnue.

Après cela, elle évoluera professionnellement à plusieurs reprises :

  • Elle devient blanchisseuse à Saint Louis
  • Vendeuse des soins capillaires Poro (après sa rencontre avec Annie Tornbo)
  • Formulatrice en officine (où elle apprendra beaucoup sur la chimie) à Denver

Avant de développer sa propre ligne de soins capillaires et son empire

Les 11 principes de Madam C.J. Walker

1. La nécessité est mère d’innovation

C’est certainement à cause de la composition des lessives, du manque d’hygiène et de la mal nutrition que Sarah a commencé à perdre ses cheveux. C’était chose fréquente chez la population noire des Etats-Unis à l’époque.

Pour ce qui était d’être innovante, Sarah l’était !

Ce coup dur l’obligea à mener des recherches afin de trouver un remède à sa chute de cheveux.

Sarah s’était installée proche de ses frères qui tenaient alors un salon de barbier. Elle chercha donc en premier lieu une solution auprès d’eux. Mais n’étant pas spécialistes dans les problèmes capillaires féminins, ils ne lui furent pas d’une grande aide.

Elle du donc faire ses propres recherches entre remèdes faits maison et solutions commercialisées. C’est dans ce contexte qu’elle rencontra Annie Tornbo et sa ligne de soins capillaires Poro.

D’abord cliente des soins capillaires, elle vit une amélioration de son problème de chute de cheveux. Voyant l’efficacité du produit, elle devint ensuite vendeuse pour Poro.

En 1905, Sarah et sa famille s’installèrent à Denver. N’ayant que peu d’argent en poche et aucun réseau pour vendre le produit capillaire d’Annie Tornbo, elle devient formulatrice pour un pharmacien, ce qui lui permit de comprendre la chimie.

Grâce à ses nouvelles compétences et par l’influence de son compagnon Charles James Walker, elle va développer sa propre formule de soin capillaire. C’est en 1906 qu’elle va se marier avec monsieur C.J. Walker (agent de publicité) et prendre son nom pour vendre son produit et construire ainsi son image de marque.

2. Travailler avec sa communauté

Comme je te le disais plus tôt, la perte de cheveux était courante chez les femmes noires dans les années 1890.

En effet, on était loin du shampoing quotidien que tu fais tranquillement dans ta salle de bain auquel tu ajouteras du démêlant et un masque si tu as le temps !

La plupart des logements de cette époque ne possédait aucune plomberie. Les shampoings étaient donc rares et les poux et polluants de l’eau n’étaient pas traités.

De plus, les produits vendus pour les noires n’étaient pas du tout adaptés et même endommageaient encore plus le cuire chevelu et les cheveux des femmes noires. Par conséquent, elles enveloppaient le plus souvent leurs cheveux pour cacher les trous dans leur chevelure.

Pas Madam C.J. Walker ! Elle n’enveloppait pas ses cheveux pour la raison simple que cela marquerait un bas statut social alors qu’elle souhaitait s’élever. De plus, il n’y a rien de plus légitime que de vouloir se promener avec une chevelure en bonne santé !

Dans sa recherche d’élévation sociale, elle va s’inscrire à des cours du soir et organiser des événements caritatifs. Pour elle, l’évolution sociale lui permettrait d’améliorer la conditions de sa communauté et devenir une meilleure business woman en même temps.

3. Investir dans le marketing

La première chose que Madam C.J. Walker a fait une fois sa formule au point, ça a été d’investir dans le marketing.

Pour être vue, il faut se faire connaître ! Et quelle meilleure façon de se faire connaître qu’en imprimant des cartes de visites à son nom ou encore des affiches placardées dans la rue ?

4. Donner une image personnelle à son entreprise

Non seulement Sarah va investir dans le marketing mais en plus de cela, elle va investir sur son image personnelle pour faire vendre son produit.

A tin for Madame C.J. Walker’s Wonderful Hair Grower
Photo: Collection of the Smithsonian National Museum of African American History and Culture, Gift from Dawn Simon Spears and Alvin Spears, Sr.

Forte de son expérience capillaire, elle va se construire une image de chef d’entreprise honnête et poser sur les étiquettes de son produit.

Cela va tout de suite la rendre digne de confiance auprès de son audience. Et puisque cela avait fonctionné sur elle, pourquoi pas sur ses consommatrices ?

Sa volonté n’était pas de changer les femmes noires pour qu’elles collent avec les critères de beauté de la femme blanche, elle voulait que ses produits profitent à ses consommatrices.

5. La voie de Grâce est plus efficace que n’importe quelle publicité

Sarah ne voulait pas s’arrêter à son état pour vendre son produit. Elle voyait bien plus loin ! Elle voulait le vendre dans tout les Etats-Unis.

Tu n’es peut-être pas croyante, mais à cette époque, l’église était le lieu qui rassemblait le plus de monde en même temps. C’était donc à l’endroit parfait pour parler de son produit.

Afin de s’étendre dans tout le pays, elle a voyagé et participé aux cultes de chaque ville dans laquelle elle passait pour vendre son produit mais aussi pour recruter des vendeuses.

Le fait qu’elle puisse parler en personne de son produit et de son histoire capillaire lui donnait plus de crédit. D’autant plus que c’était une bonne croyante !

6. Avoir une audience spécifique

Madam C.J. Walker a construit son empire sur sa communauté : les femmes afro-américaines de son époque.

Un produit bien spécifique pour une audience bien spécifique.

Elle s’exprimait dans leur langage, avec leurs expressions. Elle étayait ses propos avec ses expériences personnelles ou celles de ses clientes satisfaites.

Tout cela permettait d’entretenir le bouche à oreille puisque les clientes pour comprendre et raconter les histoires qu’elles avaient entendues ou elles-mêmes vécues.

7. La doctrine de la fortune

Pour Sarah, donner était important. Sa fortune pouvait profiter à un plus grand dessein que son enrichissement personnel.

C’était une grande philanthrope de son temps. Elle a investit dans le passé en faisant des dons aux maisons de retraites et dans l’avenir en donnant à des programmes d’éducation.

8. La persévérance

S’il y a une chose que je trouve très bien retranscrite dans la série de Netflix, c’est bien la persévérance de ce personnage.

Jamais elle n’a perdu son objectif de vue. Que ce soit après la mort de son premier mari, après la perte de ses cheveux ou encore son divorce avec Charles James Walker en 1913, elle a toujours eu à cœur d’améliorer les conditions des afro-américains.

9. Diversification

Madam C.J. Walker n’a pas seulement développé le fameux « Madam C.J. Walker Wonderful Hair Grower« .

Après avoir ouvert sa propre fabrique en 1908, elle a développé toute une gamme de produits capillaires.

Newspaper ad for Madam C.J. Walker Preparations
Photo: Courtesy Everett Collection

Et non seulement ça mais elle ouvre la même année que la fabrique une école de beauté à Pittsburg.

Lorsqu’elle transfert ses activités à Indianapolis en 1910, l’entreprise est un véritable succès et fait des profit de plusieurs millions de dollars contemporains.

10. Insuffler de l’activisme à l’entreprise

Sarah organisait des clubs et des conventions pour valoriser ses vendeuses. Lors de ces événements, elles n’étaient pas seulement récompensées pour leur part de ventes mais également pour leurs efforts philanthropiques et d’éducation auprès des afro-américains.

En effet, les vendeuses Walker étaient connues dans tous les Etats-Unis pour leur promotion de l’hygiène et de l’estime de soi.

Elle a également participé à la déségrégation en investissant dans la NAACP (National Association for the Advancement of Coloured People) et la National Conference on Lynching.

Enfin, elle a fait la plus grosse donation faite par un afro-américain pour la construction d’un YMCA (Young Men’s Christian Association) à Indianapolis en 1913.

11. Encourager les autres à suivre son exemple

Pour finir, elle a encouragé les autres à faire ce qu’elle-même avait réalisé tout au long de sa vie : s’émanciper et devenir une personne influente pour sa communauté.

Elle a donc donné l’opportunité à ses meilleures vendeuses d’ouvrir des salons partout dans le pays, des franchises.

Ces salons lui permettrait de toucher un pourcentage du chiffre d’affaire tout en permettant à d’autres de devenir des Self Made Women à leur tour.

Une femme inspirante encore aujourd’hui

De nos jours, nous pouvons encore devenir des femmes accomplies. S’il y a bien une chose que j’ai appris de cette femme, c’est que nous sommes capables de nous relever de tous les obstacles.

There is no royal flower-strewn path to success, and if there is, I have not found it for if I have accomplished anything in life it is because I have been willing to work hard.

« Il n’y a pas de voie royale parsemée de fleurs vers le succès, et s’il y en a une, je ne l’ai pas trouvée. Si j’ai accompli toutes ces choses dans ma vies, c’est parce que j’ai travaillé dur. »

Sarah C.J. Walker

Si tu n’as pas vu la série « Self Made » sur Netflix, et même si elle est légèrement romancée, je te conseil d’aller y jeter un coup d’oeil. C’est une mini-série de 4 épisodes absolument inspirante.

Si tu souhaites en savoir plus sur Madam C.J. Walker (sa véritable histoire), tu trouveras une mine d’informations dans « Madam Walker Essay » par A’Lelia Bundles (son arrière-arrière-petite-fille et biographe) sur www.madamcjwalker.com .

Tu peux également trouver sa biographie « On Her Own Ground » (le titre original de Self Made) sur Amazon en format audible ou kindle.

Et si ce portrait t’a plu, je te donne rendez-vous lundi prochain pour un autre portrait.

Quels sont les personnages qui t’inspirent le plus dans ta vie de tous les jours ?


8 réflexions sur “Portrait #1 : Madam C.J. Walker

  1. Coucou !

    Wow… quelle vie ! Madam C.J. Walker est un vrai exemple pour nous les femmes.. Malgré ce qu’elle a vécu elle a quand même réussi à faire quelque chose de superbe de sa vie et c’est super ! Je n’ai pas encore vu la série, mais j’avais fait un peu de recherche sur Madam C.J. Walker. J’ai hâte de voir la série !!

    Aimé par 1 personne

    1. Oui !
      Vraiment elle est inspirante ! Et je suis certaine que nous avons plein de choses à apprendre de cette femme !
      La série est vraiment bien ! Et sur son site biographique tu pourras voir les petites différences entre la réalité et la série.

      J'aime

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